Ce n'est pas précisé mais il me semble que par leur danse les abeilles indique, pour trouver la nourriture : la direction par rapport au soleil, la distance, la quantité de nourriture disponible.
Très intéressant ! Il faut faire connaître cette chaîne ! Parler de danse c'est amusant, mais techniquement c'est un langage corporel (un genre de langue des signes avec plus de pattes/ailes), non ?
C'est sympa d'étudier le cerveau des abeilles et des fourmis, mais ça aurait été utile de parler un peu d'éthique - quand on voit une fourmi immobilisée pour étudier comment elle se déplace dans un environnement artificiel, ou quand un chercheur mentionne qu'un bourdon "panique" entre les tunnels... Si ces animaux sont sentients, il y a au minimum un questionnement éthique à avoir. Du coup, on pourrait se demander comment sont encadrées ces recherches. Et en l'occurrence, c'est assez simple : elles ne le sont pas. Aucune réglementation n'encadre l'utilisation expérimentale des invertébrés (sauf les céphalopodes) en France et dans l'UE. Tout peut leur être fait, dans n'importe quelles conditions, et personne ne compte (comme ça se fait pour les vertébrés) combien d'entre eux sont utilisés et à quel point on les fait souffrir.
Bonjour, merci pour ce commentaire! Effectivement ces informations manquent dans la vidéo. Nous sommes particulièrement sensibles à l'éthique expérimentale et nous regrettons l'absence de réglementation claire pour le travail sur les invertébrés en France et à l'international. Nos travaux, ainsi que ceux de nos collègues, contribuent justement à une meilleure compréhension de cette potentielle sentience, nécessaire pour faire avancer les choses. Ayant dit cela, la très grande majorité des chercheurs (pour ne pas parler au nom de tous) a pris les devants depuis longtemps en améliorant les conditions d'élevage, en réduisant le stress du aux manipulations, et en réduisant au strict minimum le nombre d'animaux étudiés. Dans nos expériences, par exemple, les insectes testés sont exclusivement des fourrageuses c'est à dire les individus qui se présentent spontanément en dehors de leur colonie pour chercher de la nourriture. Ces insectes sont ensuite testés puis systématiquement sont remis dans leur colonie avec toute leur intégrité physique. Le fait qu'ils se re-présentent spontanément quelques minutes plus tard hors de la colonie pour retourner à la source de nourriture qu'ils ont découverte (dans une réalité virtuelle ou un labyrinthe automatisé) témoigne que l'expérience subjective a été globalement plus positive que négative. Dans le cas contraire, les insectes ne reviendraient pas et nous ne pourrions pas étudier leur capacités d'apprentissage. La question ne se pose encore moins pas lorsque ces expériences ont lieu sur le terrain, en milieu naturel. L'existence d'émotions, la possibilité d'une conscience, ou de la perception de la douleur chez les insectes sont des sujets de recherche actuels auxquels nous contribuons activement. Si cela vous intéresse, il existe désormais une société savante internationale dont l'objectif est de traiter spécifiquement de ce sujet: www.insectwelfare.com Mathieu Lihoreau
@@MathieuLihoreau-lj8pp merci de votre retour. J'ai beau avoir envie de vous croire que le nombre et les conditions de vie, ce sont des choses qu'on entend formulées à peu près pareil de la part de gens qui utilisent des vertébrés même dans des expériences très invasives, douloureuses ou stressantes, en considérant qu'un tunnel et quelques bouts de litière compactée suffisent à parler d'enrichissement, donc c'est difficile de vous prendre au mot. Est-ce qu'on peut vraiment supposer, pour une fourmi, que retourner à un endroit où il y a de la nourriture indique une expérience positive ? J'ai vu des tas de fourmis retourner à un endroit d'une cuisine envahie d'où elle avaient fui quelques heures plus tôt en emportant les cadavres de leurs congénères pour éviter d'être tuées elles aussi. Pas sûr que l'expérience était positive pour elles. La balance bénéfice / risque personnel ne se fait peut-être pas de la même manière chez elle que chez nous ? Si vous avez des statistiques d'utilisation des invertébrés dans votre établissement, ou si vous connaissez des établissements qui en font, je suis complètement preneur. Merci pour le lien en tout cas, j'explorerai ça.
@@ExpeAnimale "Est-ce qu'on peut vraiment supposer, pour une fourmi, que retourner à un endroit où il y a de la nourriture indique une expérience positive ?" C'est exactement pour essayer de répondre à ces questions difficiles que nous faisons ces recherches...
@@MathieuLihoreau-lj8pp Vous dites pourtant que "Le fait qu'ils se re-présentent spontanément quelques minutes plus tard hors de la colonie pour retourner à la source de nourriture qu'ils ont découverte (dans une réalité virtuelle ou un labyrinthe automatisé) témoigne que l'expérience subjective a été globalement plus positive que négative. Dans le cas contraire, les insectes ne reviendraient pas et nous ne pourrions pas étudier leur capacités d'apprentissage." Ce qui suggère que vous ne considérez pas ça comme une question difficile, mais comme une question à laquelle il existe déjà une réponse évidente. Ou alors j'ai loupé une étape ? Par ailleurs, vu vos propos sur la réglementation, ça m'intéresserait d'avoir votre opinion sur la possibilité et l'opportunité de simplement étendre la réglementation de l'expérimentation animale aux invertébrés (ce qui impliquerait des statistiques, des évaluations de projets avant autorisation, etc.).
Tellement intéressant !!!! Merci pour cette vidéo
Top cette vidéo :)
Au passage, super travail au mixage son!
La nature et la vie sont fascinants.🐝
Vous rendez la science accessible à tous.
Merci @melanie7391, ça nous encourage. 😊
Passionnant, merci !
Passionnant. ^^
Je dirais même plus c'est intriguant.
Super intéressant et le format est top. Merci
Merci. On est ravi que le format vous plaise 😊
Wow, les êtres humains vont pouvoir apprendre des trucs, là, sur la vie en société !
Je diffuse, alors...
Continuez c'est super 👌
Ce n'est pas précisé mais il me semble que par leur danse les abeilles indique, pour trouver la nourriture : la direction par rapport au soleil, la distance, la quantité de nourriture disponible.
Merci pour cette vidéo ! 😀🌺
Très intéressant ! Il faut faire connaître cette chaîne ! Parler de danse c'est amusant, mais techniquement c'est un langage corporel (un genre de langue des signes avec plus de pattes/ailes), non ?
C'est sympa d'étudier le cerveau des abeilles et des fourmis, mais ça aurait été utile de parler un peu d'éthique - quand on voit une fourmi immobilisée pour étudier comment elle se déplace dans un environnement artificiel, ou quand un chercheur mentionne qu'un bourdon "panique" entre les tunnels... Si ces animaux sont sentients, il y a au minimum un questionnement éthique à avoir.
Du coup, on pourrait se demander comment sont encadrées ces recherches. Et en l'occurrence, c'est assez simple : elles ne le sont pas. Aucune réglementation n'encadre l'utilisation expérimentale des invertébrés (sauf les céphalopodes) en France et dans l'UE. Tout peut leur être fait, dans n'importe quelles conditions, et personne ne compte (comme ça se fait pour les vertébrés) combien d'entre eux sont utilisés et à quel point on les fait souffrir.
Bonjour, merci pour ce commentaire!
Effectivement ces informations manquent dans la vidéo. Nous sommes particulièrement sensibles à l'éthique expérimentale et nous regrettons l'absence de réglementation claire pour le travail sur les invertébrés en France et à l'international. Nos travaux, ainsi que ceux de nos collègues, contribuent justement à une meilleure compréhension de cette potentielle sentience, nécessaire pour faire avancer les choses.
Ayant dit cela, la très grande majorité des chercheurs (pour ne pas parler au nom de tous) a pris les devants depuis longtemps en améliorant les conditions d'élevage, en réduisant le stress du aux manipulations, et en réduisant au strict minimum le nombre d'animaux étudiés. Dans nos expériences, par exemple, les insectes testés sont exclusivement des fourrageuses c'est à dire les individus qui se présentent spontanément en dehors de leur colonie pour chercher de la nourriture. Ces insectes sont ensuite testés puis systématiquement sont remis dans leur colonie avec toute leur intégrité physique. Le fait qu'ils se re-présentent spontanément quelques minutes plus tard hors de la colonie pour retourner à la source de nourriture qu'ils ont découverte (dans une réalité virtuelle ou un labyrinthe automatisé) témoigne que l'expérience subjective a été globalement plus positive que négative. Dans le cas contraire, les insectes ne reviendraient pas et nous ne pourrions pas étudier leur capacités d'apprentissage. La question ne se pose encore moins pas lorsque ces expériences ont lieu sur le terrain, en milieu naturel.
L'existence d'émotions, la possibilité d'une conscience, ou de la perception de la douleur chez les insectes sont des sujets de recherche actuels auxquels nous contribuons activement. Si cela vous intéresse, il existe désormais une société savante internationale dont l'objectif est de traiter spécifiquement de ce sujet: www.insectwelfare.com
Mathieu Lihoreau
@@MathieuLihoreau-lj8pp merci de votre retour.
J'ai beau avoir envie de vous croire que le nombre et les conditions de vie, ce sont des choses qu'on entend formulées à peu près pareil de la part de gens qui utilisent des vertébrés même dans des expériences très invasives, douloureuses ou stressantes, en considérant qu'un tunnel et quelques bouts de litière compactée suffisent à parler d'enrichissement, donc c'est difficile de vous prendre au mot. Est-ce qu'on peut vraiment supposer, pour une fourmi, que retourner à un endroit où il y a de la nourriture indique une expérience positive ? J'ai vu des tas de fourmis retourner à un endroit d'une cuisine envahie d'où elle avaient fui quelques heures plus tôt en emportant les cadavres de leurs congénères pour éviter d'être tuées elles aussi. Pas sûr que l'expérience était positive pour elles. La balance bénéfice / risque personnel ne se fait peut-être pas de la même manière chez elle que chez nous ?
Si vous avez des statistiques d'utilisation des invertébrés dans votre établissement, ou si vous connaissez des établissements qui en font, je suis complètement preneur. Merci pour le lien en tout cas, j'explorerai ça.
@@ExpeAnimale "Est-ce qu'on peut vraiment supposer, pour une fourmi, que retourner à un endroit où il y a de la nourriture indique une expérience positive ?"
C'est exactement pour essayer de répondre à ces questions difficiles que nous faisons ces recherches...
@@MathieuLihoreau-lj8pp Vous dites pourtant que "Le fait qu'ils se re-présentent spontanément quelques minutes plus tard hors de la colonie pour retourner à la source de nourriture qu'ils ont découverte (dans une réalité virtuelle ou un labyrinthe automatisé) témoigne que l'expérience subjective a été globalement plus positive que négative. Dans le cas contraire, les insectes ne reviendraient pas et nous ne pourrions pas étudier leur capacités d'apprentissage."
Ce qui suggère que vous ne considérez pas ça comme une question difficile, mais comme une question à laquelle il existe déjà une réponse évidente. Ou alors j'ai loupé une étape ?
Par ailleurs, vu vos propos sur la réglementation, ça m'intéresserait d'avoir votre opinion sur la possibilité et l'opportunité de simplement étendre la réglementation de l'expérimentation animale aux invertébrés (ce qui impliquerait des statistiques, des évaluations de projets avant autorisation, etc.).